Quelle norme de justificatif numérique, pour quel usage ? Une Lens au retour de Global Digital Collaboration 2026
Cette version est une traduction assistée par IA. Lire l'original en anglais
Je suis rentré de Global Digital Collaboration 2026 avec la question que j’avais emportée à Palexpo, et un paradoxe que je ne m’attendais pas à voir aussi nettement. La question était de savoir qui opère la confiance derrière un justificatif souverain. Le paradoxe est que le format de justificatif numérique qui a ouvert la voie n’est pas celui qui se déploie.
Le pionnier resté au stade du pilote
Les verifiable credentials du W3C sont arrivés avec une promesse forte : un justificatif détenu par le citoyen, combinant des attributs de plusieurs émetteurs, présenté de manière sélective, vérifiable sans appeler l’émetteur. Les années COVID leur ont offert une première scène réelle. Les passes sanitaires d’Amérique du Nord reposaient dessus, et une vague de pilotes a suivi, dans l’éducation, dans l’aide humanitaire, dans le commerce.
Cinq ans plus tard, les déploiements à l’échelle nationale sont rares. L’Inde est l’exception qui confirme la règle, avec un écosystème de justificatifs où le format a pris racine et où la brique Inji de MOSIP, que j’ai analysée en juillet, donne à tout gouvernement un moyen open source d’émettre et de vérifier des verifiable credentials. Le Bhoutan a bâti son identité numérique nationale sur le même modèle. Au delà, les conversations à Genève revenaient toujours à la même poignée d’exemples, et à un portefeuille européen qui joue sur deux tableaux, le format mdoc et un justificatif en JSON, plutôt que de s’engager sur le modèle de données du W3C.
La norme du transport qui progresse
Le permis de conduire mobile, ISO/IEC 18013-5, raconte l’histoire inverse. Il a été écrit pour un usage précis : présenter un permis à un policier ou à un commerçant, en face à face, téléphone en main, et plus tard à un site web via l’extension de vérification à distance. C’est une norme du secteur des transports, portée par les autorités de délivrance des permis plutôt que par les agences d’identité.
Cette étroitesse est justement ce qui la fait avancer. Aux États Unis, une vingtaine d’États délivrent un permis de conduire mobile, plus d’une douzaine sont actifs dans Apple Wallet et une dizaine dans Google Wallet, et les plateformes continuent d’en ajouter. En Australie, le Territoire du Nord vient de rejoindre le mouvement et Austroads opère le service de confiance national qui permet de vérifier dans un État un permis délivré dans un autre. L’annonce faite à Genève que les séries 18013 et 23220 deviennent gratuites au téléchargement est l’industrie qui pousse un peu plus la même porte.
Aucun n’est la réponse à tout
Il serait facile d’en conclure que le marché a tranché. Il n’a pas tranché. Les deux familles répondent à des questions différentes.
Le mDL est une norme de document. Elle brille quand un émetteur, un justificatif et un vérificateur se rencontrent, en présentiel ou en ligne, et quand le vérificateur a seulement besoin de faire confiance à la signature de l’émetteur. Elle reste proche de la carte physique qu’elle remplace, ce qui est exactement ce que veulent une autorité de délivrance et une police.
Les verifiable credentials sont une norme d’écosystème. Elles brillent quand un citoyen doit combiner un diplôme, un carnet de vaccination, un droit à une prestation sociale et une preuve d’identité, émis par quatre institutions, et ne présenter que ce dont un service a besoin. C’est la forme de la plupart des cas d’usage de service public dans les pays où je travaille, où le justificatif d’identité est une brique parmi d’autres.
Le choix dépend donc du secteur, du cas d’usage et du contexte : la densité des parties utilisatrices, la connectivité, la capacité de l’émetteur à exploiter une infrastructure de confiance sur dix ans.
Qui opère la confiance
C’est ici que trouve sa place la discussion que j’ai eue avec Benoit Ravier, dans les commentaires de mon post sur les portefeuilles d’Apple et de Google. Il soutenait que les justificatifs souverains, identité nationale, permis de conduire, titre de voyage, doivent rester sous contrôle souverain, et qu’externaliser la couche portefeuille aux fabricants d’appareils crée une dépendance qu’un État ne peut pas se permettre. Ma réponse était que les justificatifs appartiennent aux personnes, qui choisiront par commodité comme elles l’ont fait pour le paiement, et que les gouvernements devraient faire ce qu’ils ont fait pour les télécommunications mobiles : imposer aux plateformes des normes mondiales et des implémentations interopérables plutôt que construire un portefeuille par pays.
Nous sommes d’accord sur plus de choses qu’il n’y paraît. Quel que soit le format, le cadre de confiance, la liste de qui peut émettre et de qui peut vérifier, reste à l’autorité publique. La norme est la langue ; le cadre de confiance dit qui a le droit de parler. C’est la couche qu’un gouvernement ne peut pas déléguer, et c’est la même que le justificatif voyage sous forme de mdoc ou de verifiable credential.
Du catalogue au guide de choix
Ce qui m’a frappé à Genève, c’est que l’écosystème excelle à produire des catalogues. Chaque organisme de normalisation, chaque fondation, chaque consortium présente sa liste. Ce dont un ministère à Apia, Dakar ou Port Moresby a besoin est différent : un guide qui part du cas d’usage, du secteur et de la capacité du pays, et aboutit à une norme recommandée et aux raisons de ce choix.
J’aimerais voir la Banque mondiale, l’UIT, la DPGA et les organismes de normalisation eux mêmes produire ce guide ensemble. En attendant, ID30 publiera une première grille de choix, tirée des programmes que nous accompagnons, et l’ouvrira aux commentaires.
À lire en complément : Options pour les portefeuilles numériques inclusifs, la vision ID30 écrite en 2023 au lancement du groupe de travail portefeuille de GovStack, au moment même de la genèse de l’OpenWallet Foundation. Voir aussi : What counts is the credential, not the wallet et Analyse de la proposition de valeur d’Inji.
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