ID30 a cinq ans : le chemin parcouru, et notre vision de l’avenir
Il y a cinq ans naissait ID30. Tout est parti d’une idée simple : un gouvernement doit connaître son propre système d’identité aussi bien que l’entreprise qui le lui vend. Cinq ans plus tard, cette idée nous a menés de Lomé à Abuja, de Port Moresby à Apia. Voici le chemin parcouru, les premiers à nous avoir fait confiance, et notre vision de l’avenir.
Pourquoi tout a commencé
Avant ID30, j’ai passé plus de vingt ans de l’autre côté de la table, dans le secteur privé. J’ai livré des passeports, des cartes d’identité nationales et des systèmes de contrôle aux frontières pour des gouvernements en Amérique latine, en Afrique et en Asie. J’ai appris comment ces systèmes se construisent. Et j’ai vu, encore et encore, le même déséquilibre.
Un gouvernement signe un programme d’identité de cent millions de dollars avec un fournisseur qui en a déjà mené cinquante. Le gouvernement, lui, en a mené un seul.
ID30 est née pour corriger cela. Un cabinet indépendant, qui ne vend aucune technologie, ne représente aucun fournisseur, et se tient du côté de l’État. Notre promesse n’a pas bougé depuis le premier jour : des décisions souveraines, des spécifications qui tiennent, des contrats applicables, et des équipes nationales qui continuent sans nous.
Les premiers à nous faire confiance
Un cabinet qui démarre n’a pas de références. Il faut que quelqu’un dise oui en premier.
Pour ID30, ce oui est venu de l’ANID, l’Agence nationale d’identification du Togo. Dès les premiers jours, l’ANID m’a recruté comme conseiller d’accompagnement, et m’a gardé à ses côtés pendant trois ans pour bâtir le système national d’identification sur la plateforme open source MOSIP. Aujourd’hui, le Togo a enrôlé plus de la moitié de sa population dans son identifiant unique. Je serai toujours reconnaissant pour ce premier oui.
Les années GovStack
Dès le premier mois, ID30 a rejoint GovStack, l’initiative portée par l’UIT avec la GIZ, l’Estonie et la Digital Impact Alliance pour écrire les spécifications ouvertes des briques du gouvernement numérique. J’ai coordonné le groupe de travail sur la brique Identité, puis celui sur le Portefeuille numérique, avec des experts venus d’Inde, du Bhoutan, d’Égypte, d’Estonie et de France.
GovStack a été notre école et notre terrain. Elle nous a menés à Nairobi en 2023, pour former une trentaine de hauts responsables du Kenya, de la Somalie et de Djibouti. Elle nous a menés au Togo, où nous avons dessiné l’architecture nationale et le portail des services publics avec l’Agence Togo Digital. Elle nous a menés en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où, avec le Département des TIC, nous avons livré la première version de SevisPass, SevisWallet et SevisPortal en moins de quatre mois. Puis sont venus le Sénégal, Maurice et la Mauritanie.
Dans les mêmes années, ID30 est devenue membre fondateur d’OSIA, le standard ouvert pour l’interopérabilité de l’identité, où nous animons le groupe de travail sur l’état civil. Standards ouverts, open source, aucune dépendance à un fournisseur : c’est devenu notre signature.
Les années Banque mondiale
En 2024, un nouveau chapitre s’est ouvert. J’ai rejoint l’équipe ID4D de la Banque mondiale comme consultant, et j’y consacre depuis la moitié de mon temps. Cela m’a conduit dans les centres d’état civil de la République centrafricaine, auprès des acteurs de l’identité au Cameroun, au Gabon et à Djibouti, toujours avec la même question : comment faire pour que personne ne reste sans identité légale ?
En parallèle, ID30 accompagne Madagascar depuis trois ans dans le cadre du programme PRODIGY : stratégie, plan opérationnel, et une stratégie d’appels d’offres en douze lots pour moderniser l’identité légale et l’état civil.
Les grandes missions : CEDEAO et Samoa
2025 nous a apporté notre plus grand mandat. La Commission de la CEDEAO a choisi ID30, avec Jones Day, pour construire la feuille de route de la carte d’identité biométrique CEDEAO et un cadre commun pour l’identité numérique dans douze États membres. J’ai l’honneur d’en être le chef de mission. Douze pays, douze histoires, un même objectif : qu’un citoyen d’Afrique de l’Ouest puisse prouver qui il est, partout dans la région.
Puis, en juillet 2026, est venu Samoa. Avec notre partenaire KVA Consult, nous avons été retenus parmi vingt candidats pour accompagner le Bureau des statistiques de Samoa sur le système national d’identification numérique, financé par la Banque mondiale. Deux semaines sur place pour la mission de démarrage, un plan de travail validé, et 42 mois devant nous. À Apia, j’ai reçu le Ula Fala, un accueil que je n’oublierai jamais.
De Lomé à Apia : il y a cinq ans, nous n’aurions pas pu dessiner cette carte.
Où nous en sommes aujourd’hui
ID30 entre dans sa sixième année comme une entreprise qui sait où elle va. Cette année, notre logo a changé : la cible est devenue une boussole, parce que notre rôle est de guider. Nous aidons les gouvernements à transformer une vision politique en feuille de route, à orchestrer leurs partenaires techniques et financiers, et à garder toute la vue d’ensemble : technique, juridique, institutionnelle.
- 33 pays où nous avons livré.
- 9 attestations et lettres de référence signées, la plus récente de l’Agence Togo Digital en août 2026.
- 104 experts vérifiés dans un vivier de 136 personnes, qui ont travaillé dans 106 pays et parlent 22 langues.
- Des partenaires qui livrent avec nous, comme KVA Consult, Jones Day, BearingPoint et Wevioo.
- Des bailleurs et des donneurs d’ordre qui nous font confiance : la Banque mondiale, l’UIT, la GIZ, l’AFD, la CEDEAO, l’UEMOA et la Digital Impact Alliance.
Nous avons aussi renouvelé notre site ce printemps, avec plus d’une centaine de publications partagées comme un bien commun, et nous avons écrit notre propre code de conduite pour les consultants qui travaillent avec l’IA. En mai, à ID4Africa 2026 à Abidjan, nous avons animé la discussion sur l’open source et l’appropriation locale. Le débat a changé : l’open source a passé l’épreuve du déploiement, vient maintenant l’épreuve du temps.

Les cinq prochaines années
Notre boussole ne change pas : une identité légale pour tous d’ici 2030, la promesse de l’Objectif de développement durable 16.9. Voici ce que nous voulons qu’ID30 représente en 2031.
- La souveraineté. Des gouvernements maîtres de leurs systèmes : leurs données, leur code, leurs contrats et leurs équipes. Nous ne vendons pas de technologie. Nous rendons les États souverains sur la leur.
- La durabilité. Des systèmes qui fonctionnent encore, financés et améliorés, dix ans après leur lancement, et pas seulement le jour du lancement.
- La transmission. Des pays qui sont allés loin, comme le Togo, qui partagent leur expérience avec ceux qui démarrent. Nous voulons être ce pont.
- Un collectif qui grandit. Plus d’experts locaux, formés et accompagnés par ID30, en Afrique, dans le Pacifique, en Asie et en Amérique latine. Une expertise internationale, une exécution locale.
- De l’identité aux services. L’identité n’est qu’un outil. Ce qui compte, c’est le service qu’elle ouvre : un dossier de santé, un transfert social, une place à l’école, un compte bancaire.
Merci
Aux gouvernements qui nous ont ouvert leurs portes. Aux partenaires qui ont choisi de soumissionner et de livrer avec nous. Aux experts ID30 qui portent notre nom sur le terrain. Aux communautés GovStack, OSIA, MOSIP et Banque mondiale qui nous ont fait grandir. Et à mes proches, qui ont fait de la place à cette aventure.
Il y a cinq ans, ID30 était une boussole et une intuition. C’est aujourd’hui une équipe, une méthode, et une carte couverte de points. La route est encore longue. C’est exactement ce qui nous plaît.
Jaume Dubois, fondateur d’ID30
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